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7/10 Les effets négatifs potentiels

Les conséquences de la sur-stimulation sur le chien de compagnie

Les données nous informent qu'une partie des chiens ont besoin de temps pour se calmer. Il se pourrait qu'ils aient dépassé ce seuil d'excitabilité. Il y aurait alors un 1er niveau "d'agitation" et ensuite, le seuil dépassé serait un 2ème niveau de "surexcitation" qu'il est plus difficile de quitter ensuite. Ce seuil pourrait s'élever avec l'âge. Il peut faire partie des apprentissages (seul ou avec leur propriétaire) mais il peut également être induit par d'autres facteurs que la séance de jeu.

Voici quatre témoignages de comportements "d'excitation" racontés par des propriétaires :

Haria, 14 mois " Si je joue plusieurs jours d'affilés à cache-cache dans le jardin avec elle et que l'on court, j'ai pu remarquer de l'agitation chez elle les jours suivants. Elle semble associer ma vue à du jeu tout le temps. Elle en redemande."

La propriétaire de Haria ne trouvait pas d'explications aux comportements d'agitation de sa chienne par rapport aux évènements du jour. Au bout de plusieurs mois elle semble avoir fait un lien avec les évènements de la veille. Au quotidien ces comportements génèrent des problématiques relationnelles parfois importantes dans les foyers. Une agitation constante peut augmenter les réactions du chien face à des stimuli qu’il déclencherait moins s’il était calme. L'agitation peut faire ressortir des problématiques déjà existantes.

Nessie, 2 ans " Pendant plusieurs mois au début de notre relation, je jouais avec elle régulièrement. Ce qu'elle affectionnait c'était que je tire sur son bâton. Je la trouvais un peu "fo-folle" dans ce contexte là. J'ai stoppé pendant un temps ces jeux, et ma famille et moi nous-nous sommes rendu compte qu'elle était devenue moins "bête", plus posée. Ses réactions en générale avaient étés modifiées dans notre quotidien. On s'est rendu compte que nous préférions. Nous n'avons jamais repris et elle ne semble pas perturbée."

J'ai ici un exemple qui confirme qu'il peut y avoir des comportements d'agitation. La chienne avait des comportements moins réfléchis au quotidien. Suite à l'arrêt des séances de jeu, elle semble plus réfléchie. Les effets persistants observés pourraient être l'action des hormones de stress (positives ou négatives) encore présentent dans l'organisme (séminaire Sheila Harper : taux de cortisol élevé plusieurs jours après les lancers de balles).

Fluffy, 15 mois "Lors de nos séances de caresses, environ 8x10 min par jour, Fluffy au bout d'un moment, se met à aboyer, à sauter, à s'exciter alors on stoppe. Elle nous sollicite de nouveau en se positionnant calmement à côté de nous et en se frottant la tête contre notre main. L'apprentissage lui permet de se calmer de plus en plus rapidement."

Zoom, 12 mois "Lorsqu'il ne comprend plus la demande, il aboie et commence à courir, à tourner à chercher quelque chose."

Dans chacun de ces témoignages je peux observer des comportements d'agitation similaires (sauts, aboiements, courses...) mais le stress induit par ces évènements n'est pas du même ordre. On peut voir un stress positif chez Fluffy car elle redemande des caresses et peut-être chez Haria. En ce qui concerne Zoom, on peut supposer qu'il s'agit de stress négatif car il ne comprend pas la demande. Dans ces exemples il s'agit d'interactions avec l'humain. Ces stimulations sont liées à la relation qu'entretien le chien et son propriétaire. Est-ce que si l'humain en demande trop, le chien sait stopper l'interaction ? Cela n'est pas si sûr. Prenons en exemple les jeux de lancers : une partie des chiens ne savent plus s'arrêter même s'ils sont épuisés physiquement. Dans le cas de promenades à pied ou en vélo, le chien ne peut pas toujours mettre fin à l'activité. Donc l'excès d'activité proposé ou non par le propriétaire, est possible. Les propriétaires devraient être sensibilisés.

Chez un enfant, la sur-stimulation induit un épuisement physique, moral qui peut engendrer du stress, de l'insécurité et ne favorise pas le bien-être ni les apprentissages (impossibilité à se concentrer, à mémoriser). Ce stress continu peut également générer un agacement. J’envisage que ces mêmes conséquences puissent être transposées sur nos chiens. Mes hypothèses, avant le questionnaire sur le sujet, étaient basées sur le fait qu'un chien qui a un problème de sur-stimulation, serait hyper excité (évacuation du stress généré par l'excès) et dormirait donc moins ou moins profondément qu'un chien calme (mais les causes peuvent être variées) et cela pourrait avec le temps le rendre irritable et induire une baisse de l'attention et donc une baisse des capacités cognitives (apprentissages). De plus le côté irritable du chien pourrait augmenter la défense de ressources.

Le questionnaire n'a pas mis en évidence des résultats significatifs entre les comportements d'excitation et le sommeil du chien, ni avec le temps d'absence des propriétaires. Cependant chez les chiens qui jouent avec leurs propriétaires plus de 46 min par jour on observe une "tendance" à l'agitation. Les trois activités principales pratiquées sont : les jeux de lancers (36/49 répondants), les jeux de tirage (32/49 répondants), la recherche dans le jardin (23/49 répondants) et l'obéissance (19/49 répondants). La tendance observée peut dépendre du type d'activités proposées au chien. Certaines activités faisant travailler plutôt le mental que le physique, il se peut qu'elles soient moins génératrices d'agitation (pistage versus vélo).

Un des points marquant dans les résultats obtenus (si on prend en compte l'hypothèse que "joyeux" représente des comportements de "mobilité élevée"), est que les chiens sortis plus de 2h par jour semblent "à mobilité élevée" (73 %) comparés à ceux sortis moins d'une heure par jour (29 %, Tableau c). Chez l'homme, il est confirmé qu'il peut y avoir une addiction au sport avec la sécrétion d'endorphines et de dopamine. L'addiction pourrait être en cause chez les chiens aussi (rencontre avec un neurobiologiste pour connaître le fonctionnement des circuits de l'addiction). Mais ce taux "à mobilité élevé" peut simplement être la conséquence de la satisfaction de leurs besoins.

Les données montrent qu'un certain pourcentage de chiens semble "agités" 1h après le jeu et même le soir ou le lendemain. Ces chiens pourraient avoir dépassé le seuil et avoir du mal à "redescendre". Ce chiffre est persistant sur les différents moments de la journée mais ce ne sont pas toujours les mêmes individus selon les situations (temps de sommeil, temps de jeu avec le propriétaire, temps de promenade,...). Ainsi des séances de jeu avec le propriétaire n'induisent pas systématiquement chez tous les chiens des comportements d'agitation. Cela peut tout à fait dépendre de l'intensité du jeu (en excès), du type (axé sur les dépenses physiques ou sur la réflexion mentale) et de la personnalité du chien. Le fait qu'ils soient peu nombreux est rassurant car ils expriment peut-être un mal-être. Ces comportements sont souvent associés à l'évacuation de tension accumulées précédemment.

Hyper-excité, la qualité de communication pourrait être dégradée avec ses congénères car il serait plus brutal. Son comportement pourrait engendrer de mauvaises expériences et par la suite générer de la peur. Cela pourrait amener à des comportements agonistiques. Cependant les résultats du questionnaire nous informent qu'il n'y a pas de relation entre la façon de "saluer" ses congénères calmement ou brusquement et les comportements d'agitation après le jeu. La façon de "saluer" pourrait être juste induite par l'émotion créée par la rencontre indépendamment d'autres facteurs. Celle-ci ne varie pas non plus si les propriétaires des chiens pratiquent le vélo ou le jogging.

Dans notre analyse l'âge semble jouer un rôle important dans les comportements d'excitation comme l'a conclut également Madame Morgane Moisan (tuteur Monsieur Gilles Gheusi) lors de l'étude qu'elle a mené sur "Les jeux de lancer ont-ils une conséquence sur la manifestation de comportements d'excitation chez le chien domestique ?".

Voici un extrait de son rapport :

"on peut uniquement affirmer que l'âge a un rôle dans l'expression des comportements d'excitation pendant le jeu. Enfin, le temps de détachement de l'objet et la vitesse de poursuite sont significativement plus élevés chez les chiens du groupe dont le nombre de lancers est supérieur à 15 par semaine, il en est de même pour les chiens ayant fréquemment joué aux jeux de lancer durant leur première année."

 

Ainsi il y a un certain nombre d'effets négatifs non vérifiés. Tous les comportements d'agitation vu ici ne sont pas du à de la sur-stimulation. Les séances de jeu ne justifient pas toujours l'agitation des chiens.

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